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Chaire des Francophonies 2025-2026

Présentation du projet


Les quatre conférences de la Chaire des francophonies, qui ont pris place au sein de l’ULB, l’UMons, l’ULiège et l’UCLouvain entre novembre 2025 et avril 2026, ont donné chacune la parole à un auteur ou une autrice francophone: Hemley Boum (Cameroun) est intervenue à l’ULB en novembre, Nicole Cage (Martinique) à l’UMons en février, Monique Séverin (La Réunion) à l’ULiège en mars et Jean-Luc Raharimanana (Madagascar) à l’UCLouvain en avril. 


Chacun·e y a abordé les thématiques de son œuvre et les enjeux de son écriture, son rapport à la langue française ou encore son engagement par l’écriture en faveur d’un monde plus juste.


À travers ce projet, PEN Belgique francophone poursuit plusieurs objectifs: faire de la littérature francophone un espace d’échange et de rencontre entre les différentes composantes de la société belge; débattre publiquement et collectivement des enjeux que doit affronter le monde francophone aujourd’hui ; créer des supports pérennes pour conserver la trace de ces débats; faire résonner en Belgique la voix d’écrivains francophones qui s’engagent pour la liberté, l’égalité et l’échange des cultures.


Toutes les conférences peuvent être visionnées:


Première séance: Hemley Boun

Romancière, poétesse et essayiste camerounaise, Hemley Boun a vécu dans plusieurs pays africains avant de revenir s’installer en France et de trouver la forme qui lui convenait pour entrer en écriture. Elle cristallise dans ses romans urbanité, tradition et Histoire saisies dans le quotidien de relations intimes. Elle travaille aujourd’hui à l’international, autant pour participer à de nombreux ouvrages collectifs que pour animer des ateliers d’écriture, participer à des colloques, festivals littéraires… pour parler de son travail et de ses engagements. Son dernier ouvrage, Le Rêve du pêcheur (Gallimard, 2024), a récemment reçu le Prix des 5 continents.


Deuxième séance: Nicole Cage

L’autrice et artiste martiniquaise Nicole Cage participe depuis plusieurs décennies aux débats littéraires et culturels de l'espace caribéen francophone. Sa formation pluridisciplinaire – études hispaniques, histoire, journalisme, psychothérapie intégrative – nourrit une œuvre qui couvre plusieurs genres : poésie, roman, théâtre, nouvelle, conte, essai. Elle a récemment publié chez Edern Éditions Du déracinement à l'irrésilience: Au nom de Manè, un recueil de textes explorant les conséquences historiques de l'esclavage et du colonialisme sur l'identité antillaise. Son travail a déjà été salué par de nombreux prix internationaux et sa pratique multilingue – français, créole martiniquais, espagnol – la fait dialoguer avec les Caraïbes hispanophones, avec l'Afrique et son héritage ancestral, et avec l'Europe francophone. Nicole Cage développe aussi une pratique de l'écriture liée à l'engagement social. Elle anime depuis de nombreuses années des ateliers d'écriture-thérapie auprès de publics divers : usagers de structures de santé mentale, femmes victimes de violences, jeunes en insertion sociale.

En l’invitant à la Chaire des francophonies, PEN Belgique francophone et l’UMons offrent à leur public l'opportunité de rencontrer une écrivaine qui interroge les enjeux contemporains de la Francophonie caribéenne. Son œuvre explore des questions qui résonnent au-delà des Caraïbes : comment écrire après l'esclavage et la colonisation ? Comment construire une identité postcoloniale ? Quel rôle la littérature peut-elle jouer dans le travail de mémoire et de réparation ? Sa conférence permettra d'aborder la manière dont le multilinguisme enrichit la création littéraire, dont l'engagement social s'articule avec la pratique artistique, et comment la littérature peut contribuer à la transformation des rapports de pouvoir et de domination.


Troisième séance: Monique Séverin

Monique Séverin, autrice née à l’île de La Réunion, écrit essentiellement sur son univers originel. Dans son recueil de nouvelles Némésis et autres humeurs noires (Editions Caribéennes, 1989/L’Harmattan, 2020), elle met en mots les tensions à l’œuvre dans l’île. En 2022, avec La peine de l’eau ou Sisyphe l’Africaine, paru chez Project’îles Editions, elle interroge la matrice océanique à l’origine du monde complexe qu’est La Réunion. Cette complexité est aussi présente dans La Bâtarde du Rhin, roman réédité en 2023 par Asmodée Edern. S’y ajoute une interrogation sur la place de la femme, les lignées familiales et les héritages tragiques dont il faut guérir, avec eugénisme et esclavage en toile de fond.

Pour la Chaire des francophonies, elle s'est interrogée sur ce que signifie “écrire en terre bâtarde”. En tant que “française francophone”, car vivant dans un département français ultrapériphérique, plus proche de Madagascar et de l'Afrique que de l'Europe, elle s’interroge: en quelle(s) langue(s) parler d’un monde jeune, incertain, tourmenté mais prometteur? Que veut-elle déconstruire, elle, en tant qu'écrivaine engagée, héritière d'une histoire modelée par l’esclavage et d’autres injustices? Comment faire émerger un continent littéraire et conceptuel invisibilisé, impensé?


Quatrième séance: Jean-Luc Raharimanana

Jean-Luc Raharimanana, est une figure majeure de la littérature africaine contemporaine. Né en 1967 à Antananarivo (Madagascar), il forge une œuvre sans concession où la poésie, la douceur et la beauté se confrontent à la violence et à l’absurde de l’Histoire. Romancier, poète, dramaturge et plasticien, mais aussi musicien, il est salué par la critique pour sa capacité à transformer la mémoire meurtrie de Madagascar en une langue universelle et incantatoire. Lauréat de plusieurs distinctions (dont le prix Jacques Lacarrière, 2018), il explore les silences du passé et du présent, questionne sans relâche le rôle de l'écrivain face au chaos du monde, faisant du texte un véritable espace de résistance et de dignité humaine.

Sa conférence a porté sur “l’écriture au scalpel : que réparons-nous avec les mots?”, autour de la naissance de l’écriture en soi, la découverte de la beauté du monde fissurée par la violence des rapports humains et politiques. Un voyage intérieur qui débouche sur les fractures du monde, de l'insurrection malgache de 1947 aux monstruosités contemporaines. Comment se dire lorsque l’indicible hante l’île de naissance, lorsque sa propre langue est minorée à l’intérieur de soi-même? Comment habiter la langue de l’autre quand elle porte les traces du passé?



La Chaire des Francophonies a été rendue possible grâce au soutien de la Médiathèque Nouvelle et à la collaboration de l'UCLouvain, l'ULB, l'ULiège et l'UMons.

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