Chaire PEN 2026-2027 « Littératurgence »
Littératurgence : les cinq universités francophones de Belgique réunies autour de la littérature et de la paix
Après une première édition consacrée aux francophonies, la Chaire PEN Belgique revient pour l'année académique 2026-2027 avec « Littératurgence ». Cinq rencontres, de décembre 2026 à avril 2027, pour interroger ce que la littérature peut face à la guerre, et ce que la guerre fait à la littérature.
Créée en 2025 par PEN Belgique, la Chaire PEN fait dialoguer le monde universitaire, les écrivaines et écrivains et le grand public autour des grands enjeux de notre temps, à travers la littérature et les arts. Sa deuxième édition s'intitule « Littératurgence » : un mot-valise qui dit l'urgence d'écrire, de créer et de résister quand le monde vacille. Pour la première fois, les cinq universités francophones du pays y prennent part. L'UNamur ouvrira le cycle en décembre 2026, suivie de l'UCLouvain, de l'UMONS et de l'ULB ; l'ULiège le clôturera en avril 2027.
Penser et panser la paix par la littérature
La paix ne va pas de soi. De l'Ukraine à l'Iran, l'actualité rappelle combien elle est fragile et combien elle exige un engagement constant. Elle pose aussi une question essentielle : comment rester humains au cœur de la violence ?
Face à un monde où nos certitudes et nos valeurs chancellent, PEN Belgique a choisi de penser et de panser la paix à partir des arts, et en particulier de la littérature. La Chaire abordera le lien entre littérature, guerre et paix sous un double éclairage. D'un côté, comment la littérature peut-elle réparer la paix, en se faisant vecteur de mémoire, de dialogue et de résilience ? De l'autre, comment préserver, voire réparer, la littérature elle-même en temps de guerre, quand la violence s'en prend aux conditions de la création comme aux créatrices et aux créateurs ?
Les mots, premiers gestes de résistance
La littérature n'arrête pas les guerres. Mais elle peut sauver ce qu'elles menacent : la mémoire, la liberté de penser, la capacité de dialogue, la reconnaissance de l'autre. Elle témoigne des bouleversements du monde et offre en même temps des ressources pour y résister et imaginer d'autres possibles.
C'est pourquoi la Chaire sort du cadre de la conférence classique pour proposer des rencontres vivantes et participatives. Les étudiantes et les étudiants y occuperont une place centrale, notamment en lisant à voix haute des textes d'autrices et d'auteurs que la guerre empêche d'être entendus. Selon les soirées, poésie, musique et performances viendront nourrir les échanges. Avec « Littératurgence », la littérature ne s'étudie pas seulement : elle se fait entendre.
Cinq universités, cinq regards
Chaque université propose une approche propre, en faisant dialoguer littérature, histoire, engagement politique et création artistique.
Mardi 15 décembre 2026 – UNamur. Expériences de la guerre en ex-Yougoslavie. La rencontre d'ouverture explore les mémoires et les expériences contrastées de la guerre en Bosnie, avec Jakuta Alikavazovic et Velibor Čolić. Comment raconter un même conflit quand on l'a vécu depuis des réalités géographiques et personnelles différentes ? Les étudiantes et les étudiants participeront à l'animation de la soirée dans le cadre de leur formation.
Mardi 9 février 2027 – UCLouvain. La terre, le feu et l'encre : la littérature au Proche-Orient. Avec l'écrivain Jadd Hilal et des poètes de Gaza brûle et le monde regarde, l'UCLouvain met à l'honneur des voix qui ont placé la Palestine au cœur de leur œuvre et de leurs prises de position. La littérature y sera interrogée comme espace de témoignage, de résistance et de mémoire en temps de guerre.
Mercredi 10 mars 2027 – UMONS. Les mots en liberté surveillée. Consacrée à la liberté d'expression, cette rencontre accueille la réalisatrice Myriam Tonelotto. Elle croisera approches historiques et contemporaines pour explorer les stratégies que déploient écrivaines et écrivains face à la censure et à la répression.
Jeudi 25 mars 2027 – ULB. « L'urgence de la tendresse » : les écrivaines polonaises face à la guerre et à la paix.Dans un pays aux portes du conflit ukrainien, où les luttes féministes tiennent une place importante, la poésie, la prose et la voix des femmes deviennent des formes de riposte à la violence. La rencontre mettra en lumière la puissance de la parole, de la voix et du geste comme actes de résistance.
Vendredi 2 avril 2027 – ULiège. La guerre réécrite : Jean-Michel Espitallier et la poétique du montage. L'ULiège clôt le cycle par une table ronde suivie d'une performance de Jean-Michel Espitallier, accompagné du compositeur et musicien Kasper Toeplitz. À partir de témoignages et de paroles de soldats, elle montrera comment la création artistique s'empare des mots de la guerre pour les transformer et leur donner une nouvelle résonance, à la croisée de la poésie et de l'engagement politique.
